Chaque année depuis 1992, le Tour Auto aligne de nombreuses voitures classiques pour une course historique qui rappelle les grandes heures du Tour de France automobile. Si les voitures d'exception sont majoritaires, quelques irréductibles Gaulois participent avec des voitures populaires françaises. L'édition 2026 ne déroge pas à la règle, avec plusieurs populaires sur un tracé qui a traversé une grande partie de notre région.

Le Tour Auto : c'est quoi ?

La compétition automobile est aussi ancienne que l'automobile. La France a été pionnière de nombreuses disciplines. L'idée de parcourir les routes de France a germé dès 1899 avec la première édition du Tour de France Automobile.

Dès lors, la compétition va suivre différentes formes et connaîtra différents temps d'arrêt, notamment avec les guerres.

En 1951, le Tour de France Automobile renaît sous une forme qui a inspiré la course d'aujourd'hui. Des plateaux de régularité et de compétition se lancent sur les plus belles routes et circuits de France, avec des épreuves chronométrées et des étapes de liaison.

En 1986, lors de sa 50e édition, le Tour de France Auto s'éteint, faute de sponsor et à cause du contexte économique.

Une page se tourne, mais l'histoire continue. Patrick Peter, qui organise déjà des événements automobiles, décide de le relancer en 1992 sous la forme d'une compétition historique. Les voitures éligibles sont celles ayant couru au moins une fois au Tour de France d'origine entre 1951 et 1973, avec quelques exceptions.

En 1998, il prend le nom de Tour Auto, après un conflit avec l'organisateur du Tour de France cycliste.

Le Tour Auto est devenu un événement incontournable qui rassemble de nombreux passionnés chaque année. Pour l'édition 2026, ce sont 240 voitures qui ont été engagées sur un circuit de plusieurs milliers de kilomètres, entre Paris et Biarritz, du 5 au 9 mai.

Tour Auto : étape dans le Sud-Ouest

Chaque année, le tracé du Tour Auto varie en fonction des itinéraires d'époque. Cette année, l'arrivée était fixée à Biarritz.

Le lundi 4 mai, les spectateurs ont pu admirer les différents participants sous la nef du Grand Palais, à Paris. L'occasion de voir les populaires françaises dans un état immaculé, avant que les affres de la compétition n'apparaissent.

Au petit matin du mardi 5 mai, les coureurs sont partis à l'assaut des routes, avec plusieurs étapes en parc fermé :

  • Clermont-Ferrand le 5 mai
  • Pont du Gard le 6 mai
  • Toulouse le 7 mai
  • Pau le 8 mai
  • Arrivée à Biarritz le 9 mai

Après une épreuve sur le circuit de Nevers Magny-Cours le premier jour, les concurrents ont retrouvé l'asphalte des circuits de notre région, avec le réputé circuit d'Albi le 7 mai, puis celui de Pau-Arnos le 8 mai et, enfin, notre circuit, le Paul Armagnac de Nogaro, le 8 mai.

Notre région, notre département, ont vibré au son de la passion pour l'automobile ancienne. Nous étions dans le Sud-Ouest pour découvrir les quelques voitures françaises d'époque qui étaient engagées.

Le Tour Auto en voitures populaires françaises

Les quatre marques distribuées chez Alepoc étaient représentées. Partez à la découverte des Peugeot, Renault, Citroën et Simca engagées dans ce Tour Auto 2026.

Peugeot 203 Constantin 1952 (#163)

La plus ancienne du plateau des voitures françaises, c'est elle. Une magnifique et rarissime Peugeot 203 dotée d'un compresseur Constantin.

Comment une berline familiale classique a-t-elle pu se retrouver sur un circuit ? Grâce à des hommes passionnés qui ont préparé, à l'époque, quelques 203 en voitures plus sportives, comme Darl'Mat ou Constantin.

Alexis Constantin était féru de compétition. Il s'est fait connaître par ses compresseurs, qui pouvaient se monter facilement sur différentes voitures françaises de l'époque. En 1951, il décide de modifier une Peugeot 203 coupée équipée d'un de ses compresseurs pour en faire une voiture de course, engagée en 1952 aux 24 Heures du Mans sous le numéro 43. Malheureusement, elle sort de route à la treizième heure et finit sur le toit.

Plusieurs années après, un amoureux de la Peugeot 203, Jean-Michel Savary, a eu l'idée de recréer cette voiture mythique disparue. Après un travail de plus de dix ans, qui a vu intervenir les Ateliers Perrin d'Ille-et-Vilaine et le garage la Choletterie à Tours, la Peugeot 203 Constantin a ressuscité.

Engagée au Mans Classic en 2025, elle a participé à son premier Tour Auto cette année.

Une voiture magnifique qui arbore une calandre à la Darl'Mat et une ligne qui fait penser à une berline trois portes. Une voiture unique, qui a suscité de l'engouement avec son petit 4 cylindres réalésé à 1 500 cm³, engagée en compétition. Le son du compresseur résonne encore sur le circuit de Pau. Elle a fini 59e dans la catégorie compétition.

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Peugeot 404 des Pompiers de Paris 1962 (#18)

Une deuxième Peugeot populaire était engagée, une Peugeot 404 de 1962 aux couleurs des Pompiers de Paris.

Cette populaire, qui affiche le numéro 18 — c'était obligé —, a attiré tous les regards. L'univers des soldats du feu est familier pour tout le monde. Qui n'a jamais joué au pompier ou rêvé de l'être ?

On a d'ailleurs croisé une autre voiture de pompiers réformée dans les Pyrénées, une belle Renault 4 rouge avec son gyrophare.

Cette belle Peugeot participe au Tour Auto depuis 2024. La voiture a été restaurée dans les ateliers des Pompiers de Paris et elle revient de loin : elle n'avait plus de moteur, ni de siège arrière.

Formidable outil de promotion, elle n'a pas démérité entre les mains de l'équipage Vladimir Oursel et Antoine Pelissier, en finissant 26e de la catégorie régularité.

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Renault Dauphine Gordini 1968 (#70)

La petite Renault populaire, qui fête ses 70 ans (lire 70 ans de la Renault Dauphine, à la conquête du monde), a été la voiture française phare de cette édition.

Renault a souhaité rendre hommage à cette voiture populaire en engageant l'une des dernières Renault Dauphine Gordini type R1095, dotée de quatre freins à disque. Cet exemplaire de 1968 est comme neuf, avec seulement 7 800 km au compteur, tout en étant matching numbers.

Une pépite confiée entre les mains expertes du célèbre journaliste et animateur François Allain et de son fils Oscar. Nous avions déjà rencontré François Allain lors du Gazoline Festival (lire Le Gazoline Festival : des vacances sous le signe du rétro) Le message est clair : il faut transmettre aux jeunes l'amour des voitures de collection.

D'ailleurs, la voiture roulait aux couleurs de The Originals Renault Garage, le nouveau réseau d'agents Renault dédié aux véhicules de collection, qui a pour vocation de préserver le patrimoine roulant et, donc, de transmettre aux générations futures les Renault iconiques.

La sympathie du duo Allain a été contagieuse tout au long du parcours. Ils ont fini 94e en régularité.

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Renault R8 Gordini 1969 (#115)

C'est la deuxième Renault populaire engagée, et elle a fini tout juste derrière la Dauphine Gordini.

La hiérarchie des modèles n'est pas respectée, mais Serge Dumas et Gérard Mattiussi ont pris beaucoup de plaisir derrière son volant.

Il faut dire que cette petite Renault a démocratisé la voiture sportive populaire avec ses compétitions monomodèle, qui ont vu les plus grands pilotes faire leurs armes.

Une voiture qui a fait rêver de nombreuses personnes. Serge Dumas se souvient d'un voisin qui, quand il était adolescent, possédait une R8 Gordini et une Simca 1000. Il en rêvait et ne pensait jamais rouler un jour avec l'une d'entre elles dans une course aussi prestigieuse.  (lire R8 Gordini 60 ans de légende sportive populaire)

Elle a été un peu préparée, avec un volant course, un arceau et des sièges baquets. Son quatre cylindres de 1 295 cm³, d'une puissance de 100 ch, s'est bien débrouillé dans les cols des Pyrénées. D'ailleurs, de fidèles supporters étaient présents en haut du col d'Aspin avec deux belles Renault 8. C'est aussi ça l'esprit du Tour Auto : de nombreux passionnés présents tout au long du parcours, venus admirer et entendre des voitures de rêve.

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Simca 1200S Coupé Bertone 1970 (#106)

Troisième marque représentée sur cette édition du Tour Auto, Simca est mise en avant par une ravissante 1200S Coupé Bertone.

En 1967, Simca souhaite enfin disposer d'une véritable sportive, capable de rivaliser avec les Renault Gordini, NSU TT ou Fiat Abarth. Le précédent Coupé Simca 1000, dessiné par Giorgetto Giugiaro, séduisait par son style mais manquait de tempérament.

Marcello Gandini retravaille alors profondément le dessin : face avant plus agressive, quatre projecteurs, prises d'air et poupe modernisée. Sous le capot arrière prend place le nouveau moteur Poissy de 1 204 cm³, alimenté par deux carburateurs double corps développant 80 ch, puis 85 ch à partir de 1969.

Avec environ 790 kg sur la balance, la voiture dépasse les 170 km/h, ce qui en fait une sportive très performante pour sa catégorie.

Le beau coupé vert, engagé par Xavier Dufour et Julien Magitterri, a terminé à la 108e place en régularité.

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Citroën SM 1971 (#45)

Pas franchement populaire, le grand coupé Citroën SM n'a jamais eu un grand succès sportif, faute de moyens.

Avec son V6 Maserati et sa suspension hydropneumatique, elle se retrouve engagée au rallye du Maroc en 1971. Pas assez performante, la SM va être retravaillée. Pour gagner en agilité, les ingénieurs raccourcissent l'empattement (-36 cm) et la partie arrière (-24 cm).

Pour gagner en poids, des panneaux de carrosserie sont remplacés par de la fibre de verre. Le gain est impressionnant, avec 480 kg de moins sur la balance.

La performance est en hausse, avec un V6 qui grimpe à 250 ch grâce à un double carburateur.

Pour cette édition, pas question de voir l'un de ces modèles de compétition hors normes : ici, simplement une Citroën SM classique, légèrement préparée, qui a fini à la 49e place en régularité.

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Un événement passionnant

Participer au volant d'une voiture populaire française à une telle épreuve relève de la passion. La passion pour l'automobile et le patrimoine français. Rouler dans les plus beaux endroits de notre pays, au volant de voitures françaises d'époque, est sans doute très plaisant pour les équipages, et les nombreux sourires au passage de ces belles le démontrent. Certes, ce ne sont pas forcément les meilleures voitures pour gagner, mais en régularité, elles peuvent faire des miracles grâce à leur légèreté. En compétition, la Peugeot 203 Constantin s'est frottée à d'autres françaises plus énervées, les Alpine A110 1800. L'A110 est un modèle né pour la course, qui a brillé dans de nombreuses compétitions, dont le Tour de France Automobile de 1963. Il ne reste plus qu'à rêver d'y participer et, en attendant, nous continuons de faire rouler les voitures populaires françaises avec nos pièces détachées.

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