1968, dans les locaux de Boulogne-Billancourt, émerge l’idée d’une nouvelle voiture. Pierre Dreyfus, alors PDG de Renault, sent qu’il y a un nouveau marché pour une petite voiture aussi solide que les rustiques 2CV et R4, mais dotée d’une ligne plus élégante et d’une polyvalence à toute épreuve. Le projet 122 est né et aboutira, le 28 janvier 1972, à la présentation de la Renault 5. Une véritable révolution se profile avec un cocktail jamais vu auparavant sur une si petite voiture. Ligne épurée équipée en série, des premiers pare-chocs en plastique déformable (du polyester armé), d’un hayon qui descend jusqu’au pare-chocs et de deux grandes portes aux poignées dissimulées. Un design réussi signé Michel Boué qui entre, par la grande porte, dans la décennie des seventies avec ses couleurs flashy orange, vert clair et rouge. Sortez votre pantalon patte d’eph, insérez votre 45 tours « Le Lundi au soleil » de Claude François et installez-vous confortablement sur votre chaise en Formica, c’est parti pour l’histoire de la R5 !

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Un succès mérité

La R5 surprend par sa polyvalence lui permettant de se faufiler aisément, aussi bien, dans les rues des grandes villes, que les départementales de province. Le tout avec une excellente habitabilité pour son gabarit et des aspects pratiques innovants comme la banquette arrière rabattable, permettant de passer de 270 dm3 à 900 dm3 de volume de coffre. Pratique pour mettre toutes vos affaires quand votre ex vous quitte.

Attirante, économique, pratique et performante la R5 s’arrache dans toute la France et devient la voiture la plus vendue du pays entre 1974 et 1983.

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Un succès qui s’explique aussi par une campagne de communication décalée pour l’époque. La R5 est alors personnifiée en personnage de BD attachant, avec ses phares en forme d’yeux et sa bouche dans le pare-chocs. Brochure publicitaire, film promotionnel, on suit les aventures de ce nouveau héros de la BD qui devient le meilleur allié du quotidien des français, touchés par le premier choc pétrolier. La communication ne s’arrête pas là, en faisant circuler des R5 dans les grandes villes avec des stickers « Je suis la Renault 5, prenez mon volant ». Un simple geste de la main, comme pour un taxi, et on repartait à son volant pour un essai. C’était plus facile que d’arrêter un taxi parisien...

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Renault a eu du flair, et su pérenniser son succès en écoutant sa clientèle. Le levier de vitesse, type R4 au tableau de bord, pas assez sportif ? L’option avec commande au plancher sort en 1973. Besoin de plus de praticité ? La version 5 portes sort en 1979. Se déplacer plus facilement en ville ? Une boîte de vitesses automatique est proposée en 1978. Besoin d’une R5 surélevée pour monter les trottoirs des villes, le Captur sort en.... Ah je m’égare, ce n’était pas la même époque !

Le 5 s’éprit de voyage et pose ses roues en Amérique du Nord sous le nom de LeCar, en 1976. La réunion pour choisir le nom a dû être très arrosée... Elle rencontra un petit succès, notamment, au Québec où elle sera importée jusqu’en 1986. Une voiture qui plaît partout où elle s’arrête.

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Le sport dans son ADN

Si ses qualités routières sont vantées, il manque pourtant des modèles plus performants que les modestes versions L (36ch) et TL (47ch). En 1976, une version Alpine est présentée avec le moteur « Cléon-Fonte » 1397 cm3 de 93 ch, lui permettant de filer à plus de 175 km/h. Une GTI avant l’heure, qui façonne un peu plus l’image de la R5.

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Le pedigree sportif de la R5 est à son apothéose en 1980, quand Renault dévoile la version définitive de la R5 Turbo. Fruit des conditions d’homologation pour s’inscrire en compétition FIA Groupe 3 et Groupe 4, la Turbo ne garde que quelques pièces du modèle de série pour atteindre un poids de seulement 970 kg. Une caisse de R5 est prélevée sur la ligne d’assemblage afin d’être envoyée chez Heuliez pour recevoir la partie du châssis arrière. Ensuite, l’ensemble était envoyé à Dieppe, dans l’usine Alpine-Renault pour recevoir le moteur et le reste de la carrosserie. Un véritable OVNI qui troque son architecture traction - moteur transversal, pour une propulsion à moteur central-arrière. La R5 de 1972 est loin dans le rétro, très loin même..., avec ses performances délirantes (160 ch, 210 Nm et 6.9s au 0 à 100 km/h) provenant du moteur de la R5 Alpine, auquel on a greffé un turbo Garrett et revu la circulation des fluides. Lors de sa présentation la version Alpine évolue aussi en version turbocompressée, mais avec une fiche technique plus timide (110 ch, 152 Nm, 9.1s au 0 à 100 km/h).

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La Turbo étonne et rafle de nombreuses victoires entre les mains, entre autres, de Ragnotti, Saby et Chatriot. On peut relever les victoires en championnat de France des Rallyes en 1981, 1982 et 1984 et au rallye de Monte Carlo en 1981. Pas mal, pas mal.

Un modèle qui a clôturé la fin de carrière de la R5 avec brio et qui fascine toujours aujourd’hui. Les exclusives versions Turbo avec ouvrants en aluminium et intérieur signé Bertone, sont les plus recherchées.

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La fin d’un cycle

Avec la R5, Renault a signé l’un des plus gros succès français, totalisant 5 580 000 exemplaires. Une voiture qui a marqué de nombreuses générations et qui continuera à marquer les prochaines avec sa réinterprétation électrique. En attendant, pour préserver votre belle « 5 », ALÉPOC vous propose de nombreuses références de pièces détachées pour l’entretien et la restauration.

Joyeux Anniversaire Renault 5 !

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